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Bedzed, un quartier écologique pilote
En 2000, a été créé un quartier « écologique » en Angleterre, près de Sutton,
dans la banlieue sud de Londres. Il comprend quatre-vingt-dix logements ainsi
que 2300 m² de bureaux. Ce quartier a reçu le nom de BedZED, ce qui signifie
Beddington Zero Energy Development. Ce projet pilote montre qu’il est possible
de créer des espaces de vie et de travail en cohérence avec les principes d’un
développement durable.
En Angleterre, la demande en logements s’accroît fortement. (…) Or, si l’on
prévoit pour les nouveaux logements une densité d’habitants identique à celle
des logements déjà construits -il s’agit principalement de petits pavillons avec
parfois un jardinet-, la construction nécessitera de grandes superficies.
(…) Le souhait des concepteurs de BedZED était de construire un quartier qui
offre une haute qualité de vie avec les avantages que procure un milieu
urbain. En même temps, il s’agissait de limiter l’utilisation de ressources
rares et d’utiliser le plus possible des matériaux locaux1 ; cela dans le but de
soutenir l’économie régionale et de réduire les transports.
(…) Chaque logement dispose d’une serre exposée au sud. Cette serre permet de
capter la chaleur et la lumière du soleil ; des panneaux photovoltaïques
produisent de l’électricité. C’est aussi un espace agréable, aménagé et utilisé
selon les goûts des habitants. Les bureaux, quant à eux, sont à l’ombre.
Chaque logement dispose d’un jardinet d’une quinzaine de mètres carrés. (…)
Devant les logements et aussi entre deux corps de bâtiments, des espaces sont
réservés aux cyclistes et aux piétons.
(...) Les pertes thermiques des bâtiments sont faibles. En effet, la toiture
est en partie couverte de végétation, ce qui constitue un isolant. Les murs, de
cinquante centimètres d’épaisseur, renferment des matériaux d’isolation. La
chaleur du soleil, captée par les serres, celle des lampes, des appareils
ménagers ou bien encore de l’eau chaude, gardent les habitations à une
température agréable. Le système de chauffage, qui sert rarement, est réduit à
un tout petit échangeur, qui utilise l’eau chaude sanitaire. Les fenêtres
disposent d’un triple vitrage.
Les moyens d’économiser l’énergie sont divers : utilisation d’ampoules
« basse consommation », choix d’appareils économes en énergie (…). On estime que
la consommation d’énergie d’un ménage à BedZED est seulement 40 % de celle d’un
ménage qui vit dans une zone suburbaine pour l’électricité et 10 % pour le
chauffage.
L’eau chaude et une partie de l’électricité consommées à BedZED proviennent
d’une centrale d’une puissance de 130 KW. Celle-ci est alimentée par des
plaquettes de bois, en fait des résidus provenant de surfaces forestières
locales.
(…) Environ un cinquième de la consommation d’eau à BedZED provient de l’eau
de pluie et des eaux recyclées. Une partie des eaux usées est traitée sur site
par une living machine, qui utilise un système biologique : les nutriments sont
extraits pour nourrir des plantes et l’eau ainsi filtrée peut servir pour les
toilettes et le jardin.
Les économies d’eau résultent de plusieurs choix : appareils qui consomment
peu d’eau, installation d’économiseurs d’eau sur les robinets ou bien encore de
doubles commandes sur les toilettes. De plus, les habitants sont encouragés à
réaliser des économies ; un manuel qui donne des conseils dans ce sens leur est
remis.
Le projet met à disposition des résidents des bornes alimentées avec
l’électricité produite par les panneaux photovoltaïques, cela afin de recharger
gratuitement des voitures électriques.
(…) BedZED utilise de l’énergie qui provient de ressources renouvelables
générées sur site. C’est la première communauté de vie de cette dimension
« neutre en carbone » (qui n’ajoute pas de CO² dans l’atmosphère). C’est
l’exemple d’un développement qui ne fournit aucune contribution au réchauffement
climatique mondial.
(…) BedZED apporte une réponse aux problèmes rencontrés par les
planificateurs et les responsables politiques. Ce projet va d’ailleurs servir de
modèle pour développer un vaste programme, sur dix ans, de construction de
logements au Royaume Uni.
1 La plupart des matériaux proviennent d'une zone géographique située dans un
rayon de 50 kilomètres. Une partie a été récupérée sur des chantiers de
démolition.
Source : Benoît Théau - Lettre d’Igapura n°3, septembre 2004.
www.igapura.org/la_lettre_n°_31.htm
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